Malgré un contexte mondial incertain, marqué par les tensions commerciales et la fragmentation géopolitique, l’Afrique devrait connaître une accélération modérée de sa croissance en 2026. Selon les Nations unies, le continent affichera une croissance de 4,0% en 2026 et 4,1% en 2027, après 3,5% en 2024 et 3,9% en 2025.
Treize économies performantes
D’après le rapport « Africa Outlook 2026 » de l’Economist Intelligence Unit, treize pays africains devraient dépasser les 6% de croissance en 2026. Ces économies dynamiques se concentrent principalement en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Guinée, Liberia, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Niger) et en Afrique de l’Est (Éthiopie, Ouganda, Tanzanie, Rwanda). La Libye et le Mozambique complètent cette liste.
Des disparités régionales marquées
L’Afrique de l’Est devrait enregistrer la croissance la plus élevée avec 5,8% en 2026, portée par l’Éthiopie, le Kenya et le développement des énergies renouvelables. À l’inverse, l’Afrique australe resterait la moins dynamique avec seulement 2,0% de croissance, notamment en raison des difficultés économiques de l’Afrique du Sud, pénalisée par des taux d’intérêt élevés et l’impact des droits de douane américains.
La dette, contrainte majeure
Le principal défi reste financier : le ratio moyen de dette publique atteindra 63% du PIB en 2025, avec des paiements d’intérêts absorbant près de 15% des recettes publiques. Près de 40% des pays africains sont en surendettement ou à risque élevé, plusieurs cherchant à restructurer leur dette via le G20. L’Éthiopie, le Mozambique, la Tunisie et la Zambie pourraient faire face à des pressions financières particulièrement aiguës.
Moteurs de croissance
Cette dynamique repose sur l’urbanisation rapide, la transformation numérique, les investissements directs étrangers et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales. En Afrique de l’Ouest, les investissements dans les hydrocarbures, les énergies renouvelables et l’exploitation minière renforcent cette tendance.
Cependant, l’expiration de l’African Growth and Opportunity Act et la lenteur de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine continuent de freiner l’intégration commerciale intra-africaine. La croissance africaine demeure ainsi résiliente mais étroitement conditionnée à la restauration des marges budgétaires et à la stabilisation de la dette.


