Le modèle rwandais : diaspora et immobilier, un duo gagnant

Tiana
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4 min de lecture

Une source d’inspiration pour tout le continent

Alors que l’Afrique connaît une urbanisation galopante, le Rwanda trace un chemin audacieux qui pourrait inspirer l’ensemble du continent. Face à un déficit massif de logements – plus de 507 000 unités nécessaires d’ici 2029 – le pays des mille collines se tourne vers une ressource souvent sous-exploitée : sa diaspora.

Un défi devenu opportunité

Le Rwanda doit passer de 2,5 millions d’unités de logement en 2019 à 5,5 millions d’ici 2050 pour accueillir une population projetée de plus de 22 millions d’habitants. En 2023 et 2024, seulement 13,7 % et 13,8 % respectivement des unités nécessaires ont été livrées. Pourtant, là où certains voient une crise, d’autres perçoivent une opportunité extraordinaire.

Divine Nakanyange, du Rwanda Development Board, est claire : « Le secteur est en plein essor, mais davantage d’investissements sont urgemment nécessaires. » L’approche rwandaise est particulièrement pertinente car elle cible la diaspora, ce réservoir de capitaux et d’expertise dont les transferts vers l’Afrique dépassent déjà l’aide au développement.

Une stratégie précise et inclusive

La force du modèle rwandais réside dans sa planification détaillée. Les besoins sont identifiés par région : la Province de l’Est nécessite 208 467 unités, Kigali 149 633 unités. À Kigali, environ 46,5 % des ménages gagnent entre 200 000 et 1,2 million de francs rwandais par mois, un segment capable de soutenir des développements immobiliers de classe moyenne.

Le ministre des Infrastructures, Jimmy Gasore, a présenté une approche pragmatique : l’État ne construira pas directement, mais s’associera avec des promoteurs privés. Un fonds dédié au logement abordable est envisagé, et les citoyens seraient soutenus par des prêts abordables et des mécanismes d’épargne comme EjoHeza.

Au-delà du capital

Edmund Ayuk Bawak Egbe, ingénieur civil, souligne un aspect crucial : la main-d’œuvre qualifiée. Sa solution ? Établir une école de formation d’ici 2026. Cette approche holistique – combiner investissement financier et développement des capacités locales – montre que l’immobilier nécessite un écosystème complet.

Le Rwanda ne se limite pas aux petits projets. Le Kigali Golf Resort Villas nécessite 300 millions de dollars, le Kigali Green Complex 200 millions. « De tels projets peuvent être entrepris par le biais de partenariats », encourage Nakanyange, élargissant les possibilités pour des investisseurs de taille moyenne.

Un modèle transposable

Alors que des villes comme Lagos, Nairobi, Accra ou Abidjan font face à des défis similaires, le Rwanda démontre qu’avec une stratégie claire, des données fiables et un appel mobilisateur à la diaspora, il est possible de transformer une crise du logement en moteur de développement économique.

Le boom immobilier rwandais n’est pas qu’une histoire de briques et de mortier. C’est un récit de vision, de partenariat et de confiance en la capacité des Africains, où qu’ils soient, de bâtir l’avenir de leur continent.

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