Solaire, éolien, hydraulique, dessalement… L’opérateur marocain multiplie les contrats stratégiques et s’impose comme le champion national des énergies renouvelables. Décryptage d’une success-story africaine.
Au pied du Sahara marocain, à une trentaine de kilomètres au sud de Tarfaya, s’étend le plus grand parc éolien du continent africain. Avec ses 8 900 hectares et sa capacité de 300 MW, cette infrastructure pharaonique symbolise l’ambition de Nareva Holding : transformer le Maroc en puissance énergétique régionale et inspirer tout un continent.
Filiale du groupe Al Mada, Nareva s’est imposée en deux décennies comme un acteur incontournable du paysage énergétique marocain. Aujourd’hui, l’entreprise détient un portefeuille d’actifs de plus de 3 000 MW, dont 1 650 MW en éolien. Une performance remarquable qui fait d’elle un modèle de développement pour l’Afrique.
Les clés d’un succès inspirant
1. Vision stratégique et diversification intelligente
Créée en 2004, Nareva n’a pas misé sur un seul cheval. L’entreprise a construit son développement sur trois piliers complémentaires : l’éolien, les centrales thermiques et la gestion du cycle de l’eau. Cette stratégie de diversification lui permet de répondre aux besoins multiples du marché marocain tout en mutualisant les risques.
2. Audace et esprit pionnier
Dès 2011, à la faveur de la libéralisation du secteur, Nareva lance les trois premiers parcs éoliens privés du pays : Haouma, Akhfennir et Foum El Oued, représentant 200 MW. Un pari audacieux à l’époque, qui démontre la capacité de l’entreprise à saisir les opportunités réglementaires et à innover.
3. Partenariats stratégiques avec les leaders mondiaux
Plutôt que de s’isoler, Nareva a su tisser des alliances gagnantes avec les géants internationaux. En 2016, l’accord avec Engie pour développer 5 à 6 GW d’actifs supplémentaires entre 2020 et 2025 illustre cette intelligence collaborative. L’entreprise travaille également avec General Electric, Enel Green Power et Siemens, s’imposant ainsi comme un partenaire de choix et non comme un simple sous-traitant.
4. Maîtrise du partenariat public-privé
Nareva excelle dans l’art du PPP. Dès 2006, l’entreprise participe au premier partenariat public-privé marocain dans l’irrigation avec le projet El Guerdane. Cette expertise lui permet aujourd’hui de décrocher des contrats majeurs, comme celui du parc de Tarfaya ou du projet Éolien intégré de 850 MW remporté en 2016.
5. Excellence opérationnelle et compétitivité
Lorsque Nareva, en consortium avec Enel et Siemens, remporte le projet Éolien intégré en 2016, c’est grâce à une offre jugée « la plus compétitive en termes de tarif et de taux d’intégration industrielle ». L’entreprise ne se contente pas de participer : elle gagne en proposant les meilleures conditions.
6. Structure agile et expertise pointue
Avec une trentaine de collaborateurs à parité hommes-femmes et une moyenne d’âge de 38 ans, Nareva cultive l’agilité. Sa structure en holding lui permet de créer des sociétés ad hoc pour chaque projet, optimisant ainsi la gestion et la gouvernance de ses actifs.
7. Ancrage territorial et vision panafricaine
Tout en restant profondément ancrée au Maroc, Nareva nourrit des ambitions continentales. L’accord avec Engie vise explicitement le développement d’actifs en Afrique du Nord et de l’Ouest, faisant de l’entreprise un champion capable de rayonner au-delà de ses frontières.
Un modèle pour l’Afrique
Le parcours de Nareva démontre qu’une entreprise africaine peut rivaliser avec les géants mondiaux en combinant vision stratégique, excellence opérationnelle et partenariats intelligents. À l’heure où le continent s’engage dans sa transition énergétique, l’exemple marocain prouve que les acteurs locaux peuvent jouer un rôle de premier plan.
En misant sur les énergies renouvelables, Nareva ne contribue pas seulement à la souveraineté énergétique du Maroc. Elle trace la voie pour une Afrique plus verte, plus autonome et plus ambitieuse. Une success-story qui inspire déjà bien au-delà du royaume chérifien.


