2 800 milliards FCFA reversés aux producteurs de cacao en trois mois : quand la régulation rime avec protection des agriculteurs
La Côte d’Ivoire démontre qu’une gouvernance agricole forte et des mesures courageuses peuvent transformer la vie de millions de producteurs. Une leçon précieuse pour toute l’Afrique.
- 2 800 milliards FCFA reversés aux producteurs de cacao en trois mois : quand la régulation rime avec protection des agriculteurs
- Une régulation qui protège réellement les producteurs
- Des résultats qui parlent d’eux-mêmes
- Une organisation professionnelle pour porter la voix des agriculteurs
- Un modèle duplicable
En l’espace de trois mois seulement, les producteurs ivoiriens de cacao ont reçu l’équivalent de 2 800 milliards de francs CFA pour leurs récoltes. Ce chiffre impressionnant n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une politique agricole résolument tournée vers la protection des planteurs et la transparence de la filière.
Une régulation qui protège réellement les producteurs
Sous l’impulsion du Conseil du Café-Cacao (CCC), régulateur de la première filière agricole du pays, la saison 2025/26 illustre comment une institution forte peut garantir l’équité dans un secteur stratégique. Le prix garanti de 2 800 FCFA le kilogramme, fixé par le président Alassane Ouattara, n’est pas resté lettre morte : il a été effectivement appliqué sur le terrain.
Face aux tentatives de certains acheteurs peu scrupuleux qui profitaient d’un financement bancaire initialement insuffisant pour sous-payer les producteurs, le CCC a réagi avec fermeté. Plus d’une dizaine de contrevenants ont été arrêtés et condamnés par la justice en novembre et décembre 2025, envoyant un message clair : la spoliation des agriculteurs ne sera pas tolérée.
Des résultats qui parlent d’eux-mêmes
Les chiffres témoignent de l’efficacité du dispositif mis en place :
- Près d’un million de tonnes de fèves de cacao déjà acheminées vers les ports d’Abidjan et de San Pedro, représentant 70% de la production prévue pour cette saison
- 410 camions déchargés le 22 décembre, 420 le 23 décembre : une accélération remarquable de l’activité
- Une prévision de 1,4 million de tonnes jusqu’à fin mars 2026
Cette performance exceptionnelle repose sur des mesures concrètes : fluidification des achats, amélioration du transport, optimisation des déchargements et élimination des dépôts intermédiaires qui favorisaient les abus.
Une organisation professionnelle pour porter la voix des agriculteurs
L’innovation institutionnelle accompagne la réussite opérationnelle. Avec la création de l’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA), dirigée par Siaka Diakité, les producteurs disposent désormais d’une structure légitime et reconnue par le gouvernement et les bailleurs de fonds pour les représenter.
Cette organisation met fin à la cacophonie créée par des structures sans légitimité réelle, permettant ainsi aux véritables agriculteurs d’avoir une voix unifiée et puissante.
Un modèle duplicable
Si la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, peut garantir un prix équitable à ses centaines de milliers de planteurs tout en maintenant la compétitivité de sa filière, d’autres pays africains peuvent s’inspirer de ce modèle pour leurs propres cultures stratégiques : café, coton, noix de cajou, karité…
La réussite ivoirienne prouve qu’en Afrique, quand la volonté politique, la régulation rigoureuse et l’organisation professionnelle se conjuguent, les agriculteurs – véritables piliers des économies – peuvent enfin recevoir la juste rémunération de leur travail.


