Le Taekwondo en Côte d’Ivoire : Une Histoire de Passion et d’Excellence

Tiana
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6 min de lecture

Comment un art martial coréen est devenu la fierté sportive d’une nation ?

Trois médailles olympiques sur les quatre médailles olympiques décrochées par la Côte d’Ivoire dans l’histoire des JO. Ce chiffre résume à lui seul l’incroyable histoire d’amour entre la Côte d’Ivoire et le taekwondo. Plus qu’un simple sport, cet art martial coréen est devenu une discipline phare qui forge des champions et inspire toute une génération. Mais quels sont les secrets de cette réussite exceptionnelle ?

Des Fondations Solides : L’Histoire d’un Pionnier

Tout commence en 1968 avec l’arrivée à Abidjan du grand maître Kim Young Tea, ceinture noire 9e dan. Ce pionnier coréen n’est pas venu seul : il a apporté avec lui une philosophie, une discipline et une vision. Avec le soutien d’un Français déjà établi dans le pays, il a planté les premières graines d’une transformation sportive majeure.

Le premier facteur clé de succès ? Un démarrage précoce et stratégique. La Côte d’Ivoire est le premier pays africain à avoir découvert le taekwondo, créant ainsi un avantage compétitif naturel qui perdure encore aujourd’hui.

Une Infrastructure Institutionnelle Exceptionnelle

Le timing ne pouvait pas être meilleur : la Fédération ivoirienne de taekwondo voit le jour en même temps que la Fédération internationale, en mai 1973. Cette synchronisation parfaite a permis au pays d’être au cœur du développement mondial de la discipline.

Comme le souligne fièrement Anzoumana Siaka, ceinture noire 6e dan et ancien secrétaire général de la Fédération ivoirienne : « Nous avons été la locomotive du taekwondo en Afrique. » En 1979, le pays accueille le premier événement international de taekwondo sur le continent, consolidant son statut de leader régional.

Les piliers institutionnels du succès :

  • Une fédération créée au moment optimal, synchronisée avec le mouvement mondial
  • Un rôle de pionnier et de locomotive pour toute l’Afrique subsaharienne
  • Des infrastructures dédiées, comme le Centre sportif et culturel ivoirien, don de la Corée du Sud

La Transmission : Des Maîtres Passionnés et Dévoués

Dans la commune de Koumassi à Abidjan, le club d’Ineka incarne parfaitement cette transmission générationnelle. Sous la direction de Lucien Christian Kragbé, ceinture noire 6e dan et ancien footballeur professionnel, des dizaines de jeunes répètent inlassablement leurs techniques chaque semaine.

« Courtoisie, intelligence, intégrité, contrôle de soi » : ces valeurs récitées religieusement par les jeunes disciples ne sont pas de simples mots. Elles constituent le socle d’une formation complète qui va bien au-delà du sport.

Maître Kragbé a formé avec passion pendant plus de vingt ans des champions comme Cheick Cissé, médaillé d’or aux JO de Rio 2016. « On a fait de lui un compétiteur, on lui a inculqué l’esprit ‘fight’ », explique-t-il avec fierté.

L’Inspiration : Des Modèles Qui Créent des Vocations

« Cheick Cissé, c’est le grand frère qui nous inspire », confie Varius, 16 ans et déjà dix ans de pratique. « Je veux être un grand champion et inscrire mon nom dans l’histoire en devenant champion du monde et champion olympique. »

Les médailles olympiques ne sont pas seulement des récompenses individuelles : elles deviennent des phares qui guident les jeunes générations. Quand Cheick Cissé et Ruth Gbagbi ont été célébrés dans les rues d’Abidjan après les JO de Rio 2016, c’était toute une nation qui reconnaissait l’excellence du taekwondo ivoirien.

Ce cercle vertueux est puissant : les champions d’hier inspirent les champions de demain, créant ainsi une dynamique auto-entretenue de l’excellence.

Une Culture de l’Excellence Ancrée dans les Quartiers

Le taekwondo ivoirien ne se développe pas dans des centres élitistes inaccessibles. Il prend racine dans les quartiers, dans des cours en plein air comme celle du club d’Ineka, où une bonne trentaine de jeunes s’entraînent avec détermination.

Cette accessibilité est un facteur clé : le taekwondo est à la portée de tous, indépendamment de l’origine sociale. Les entraînements ont souvent lieu le mercredi après-midi, quand les jeunes élèves ne vont pas à l’école, maximisant ainsi la participation.

Cette démocratisation de l’accès permet de détecter les talents là où ils se trouvent, dans tous les quartiers, dans toutes les communautés.

Le Soutien International : Une Alliance Stratégique

La relation privilégiée avec la Corée du Sud, berceau du taekwondo, constitue un atout majeur. Le don du Centre sportif et culturel ivoirien par la Corée du Sud témoigne d’un partenariat durable qui va au-delà du simple échange sportif.

Cette coopération internationale assure un transfert de connaissances constant, maintenant les standards techniques ivoiriens au niveau mondial.

Les Clés du Succès : Une Formule Gagnante

Le succès du taekwondo en Côte d’Ivoire n’est pas le fruit du hasard. Il repose sur une combinaison unique de facteurs :

  • Vision à long terme : Un démarrage précoce et stratégique dès 1968
  • Infrastructure solide : Des institutions créées au bon moment avec un soutien international
  • Transmission passionnée : Des maîtres dévoués qui forment bien au-delà de la technique
  • Modèles inspirants : Des champions qui créent des vocations
  • Accessibilité : Un ancrage dans les quartiers qui détecte tous les talents
  • Partenariats stratégiques : Une alliance durable avec le berceau du taekwondo
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