L’Intore, la danse majestueuse des guerriers du Rwanda

Tiana
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4 min de lecture

Inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco en 2024, cette danse ancestrale incarne l’âme du pays des Mille Collines

Au Rwanda, la danse des Intore occupe une place à part dans le cœur de la population. Spectaculaire, codifiée et chargée d’histoire, elle évoque la bravoure des guerriers d’autrefois tout en célébrant les valeurs qui fondent l’identité rwandaise. Présente lors de chaque cérémonie importante, des mariages aux réceptions officielles, l’Intore est bien plus qu’une simple danse : c’est un pilier de la culture nationale.

Les héritiers d’une tradition guerrière

Le mot « Intore » signifie « élu » ou « sélectionné » en kinyarwanda. Dans le Rwanda précolonial, ce terme désignait de jeunes combattants d’élite choisis par le roi pour leurs aptitudes physiques exceptionnelles. Ils s’entraînaient aux danses guerrières, au tir à l’arc, au jet de lance et à la lutte, préparant leur corps et leur esprit à défendre le royaume.

Aujourd’hui, cette tradition perdure à travers des institutions appelées itorero, où les jeunes danseurs apprennent les valeurs culturelles, la poésie et les arts du spectacle. Le ballet national du Rwanda, créé en 1973 et dirigé par Jean-Marie Muyango, rassemble les meilleurs danseurs du pays et rayonne sur les scènes internationales.

Un spectacle d’une intensité saisissante

Alignés en rangs parfaits comme des guerriers prêts au combat, les danseurs portent des ornements de perles (Ibitako) sur leurs épaules – symboles de respect et de protection magique. Des grelots à leurs chevilles tintent à chaque mouvement, créant un rythme d’intimidation ancestral.

Coiffés d’une longue crinière blonde qu’ils font onduler d’avant en arrière, lance et bouclier en main, les danseurs entament leur ballet guerrier. Les mouvements débutent lentement, le regard menaçant, comme pour jauger un adversaire invisible. Puis le rythme s’accélère au son des tambours et des cornes traditionnels. Les danseurs bondissent avec agilité, faisant tournoyer leurs lances, esquivant et ripostant dans une chorégraphie qui allie élégance et puissance brute. Ils s’immobilisent parfois brusquement pour pousser des cris de guerre ou déclamer des poèmes exaltant leurs exploits, chaque geste exécuté en synchronisation parfaite.

Un art noble qui rassemble

L’Intore ne tolère aucune improvisation. C’est un art extrêmement codifié, où chaque mouvement obéit à des règles strictes transmises de génération en génération, témoignant du caractère sacré de cette danse intimement liée à l’histoire nationale.

Si le ballet national brille sur les scènes internationales, l’Intore reste une pratique profondément ancrée dans la vie quotidienne. Des troupes de danse existent dans tout le pays, les écoles et universités organisent des sessions de formation, et la transmission se fait au sein des familles et communautés.

« Que tu sois d’une classe riche, pauvre, moyenne, cultivateur ou éleveur, la danse rassemble tout le monde », explique Butera Masamba Intore, directeur artistique du ballet national. « L’Intore incarne la noblesse, l’intégrité et les valeurs qui nous accompagnent tout au long de la vie. »

L’Intore continue de danser, majestueuse et puissante, portant avec fierté l’héritage du pays des Mille Collines et son message d’unité reconnu désormais par l’humanité entière.

RWANDA – MARCH 22: Intore dancer in Ibwiwachu village in Rwanda on March 22, 2010 – The Intore dancers have been active poachers for centuries, they have an amazing traditional dance, using headresses that go up in the sky. The dances are about the gorillas who live very close to the villages. There are tutsi and hutu in the dancers. (Photo by Eric LAFFORGUE/Gamma-Rapho via Getty Images)
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