Sénégal : Les eurobonds s’envolent après l’engagement ferme de Sonko contre la restructuration de la dette

Tiana
Par
4 min de lecture

La signature souveraine du Sénégal retrouve la confiance des marchés internationaux

Quand la parole politique rassure les investisseurs : le Premier ministre Ousmane Sonko redonne des couleurs aux obligations souveraines sénégalaises en écartant catégoriquement l’option de la restructuration.

Les marchés financiers ont parlé. Et leur verdict est sans appel : la détermination affichée par le gouvernement sénégalais à honorer ses engagements sans restructuration a provoqué un rebond spectaculaire des titres de dette du pays. Une leçon de crédibilité qui résonne bien au-delà des frontières du Sénégal.

Un rebond immédiat et significatif

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ce vendredi 9 janvier 2026, selon les données de Reuters et TradingView, les eurobonds sénégalais ont enregistré des gains impressionnants :

  • L’eurobond à échéance 2028 a bondi de 1,8 centime d’euro, dépassant les 75 centimes
  • L’obligation 2031 libellée en dollars a grimpé de près de 2 centimes, atteignant presque 66 centimes par dollar

Plus remarquable encore : depuis le 2 janvier 2026, l’eurobond 2028 affiche une remontée globale de 6,5%, s’échangeant désormais autour de 71% de sa valeur faciale. Un contraste saisissant avec le point bas de 67% atteint le 18 décembre dernier.

La parole qui vaut de l’or

Cette réaction « épidermique mais positive » du marché obligataire, comme le soulignent les observateurs, intervient moins de 24 heures après une déclaration cruciale du Premier ministre Ousmane Sonko. Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue mauritanien, le chef du gouvernement a tranché dans le vif des spéculations.

Son message ? Le Sénégal possède désormais « une visibilité suffisante pour sortir de cette situation sans passer par la restructuration ». Une affirmation d’autant plus audacieuse que le pays fait face à un calendrier de remboursement difficile et à un ratio d’endettement de 132% du PIB fin 2024, selon les estimations du FMI.

La crédibilité plutôt que la facilité

En rejetant catégoriquement l’option du défaut ou du rééchelonnement forcé – souvent synonymes de mise au ban des marchés internationaux – Dakar fait un pari courageux sur sa crédibilité. Le Premier ministre a insisté sur deux points fondamentaux :

La dette reste soutenable malgré la découverte récente de dettes non déclarées par l’administration précédente

Le service de la dette est honoré sans discontinuer depuis un an et demi

Cette posture contraste avec les inquiétudes de nombreux analystes face aux échéances massives attendues en 2026. Mais elle envoie un signal puissant aux investisseurs : le Sénégal tient parole.

Les facteurs du redressement

Cette embellie ne repose pas uniquement sur des promesses. Plusieurs éléments tangibles expliquent ce retour de confiance :

L’imminence d’un nouvel accord avec le FMI, synonyme de rigueur budgétaire et de transparence pour les investisseurs

Le succès du dernier emprunt obligataire, qui a démontré la capacité du pays à mobiliser des ressources malgré un contexte global tendu

La communication claire et transparente des autorités sur la situation réelle des finances publiques

Un momentum à confirmer

Si la situation reste sous surveillance, cette remontée de 6,5% en deux semaines offre une bouffée d’oxygène au Trésor public sénégalais. Pour la première économie de l’UEMOA, l’enjeu est désormais de maintenir ces niveaux durant le premier trimestre 2026 afin de stabiliser durablement les taux d’intérêt de sa dette internationale.

Le pari d’Ousmane Sonko est audacieux mais les premiers résultats lui donnent raison. En choisissant la voie difficile de l’honneur des engagements plutôt que celle, plus facile en apparence, de la restructuration, le Sénégal démontre qu’une gestion rigoureuse et transparente peut restaurer la confiance même dans les moments les plus critiques.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *